Laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 · Membre ILAC-MRA
ZKGX Research

Essai de transformateurs

L'essai de transformateurs regroupe l'ensemble des contrôles électriques, diélectriques et thermiques appliqués aux transformateurs de puissance, de distribution et aux transformateurs secs, afin de vérifier leur conformité aux exigences des normes CEI 60076. Ces essais couvrent la mesure des grandeurs caractéristiques, les épreuves de tension appliquée et induite, les essais de montée en température ainsi que les analyses du diélectrique liquide. La démarche s'articule autour de la préparation des essais, la sélection des méthodes normalisées, l'évaluation des performances de mesure et le recours à des analyses complémentaires telles que l'analyse des gaz dissous. Le présent article décrit ces étapes selon une logique opérationnelle, en précisant les paramètres mesurés, les conditions d'essai et les critères d'appréciation usuels.

objets et enjeux

L'objet concerné est le transformateur électrique, qu'il soit immergé dans un liquide isolant ou de technologie sèche, de quelques dizaines de kilovolts-ampères à plusieurs centaines de mégavolts-ampères. Les enjeux de l'essai portent sur la sécurité des personnes et des installations, la continuité de service du réseau électrique et la maîtrise du vieillissement de l'isolation. Un défaut interne non détecté, tel qu'un point chaud dans les enroulements ou une dégradation du papier isolant, peut conduire à une rupture diélectrique ou à un incendie. Les essais de réception permettent de vérifier la conformité de la fabrication avant mise en service. Les essais périodiques en exploitation suivent l'évolution de l'état de l'appareil et orientent la maintenance. Enfin, les essais après réparation confirment l'aptitude du transformateur à reprendre son service dans des conditions définies. Ces trois situations constituent les principaux contextes d'intervention.

Paramètres testés et gamme d'essais

Les paramètres mesurés comprennent la résistance des enroulements, le rapport de transformation, le déphasage vectoriel, l'impédance de court-circuit et la résistance d'isolement. Les pertes à vide et les pertes en charge caractérisent le rendement énergétique de l'appareil. Les essais diélectriques regroupent l'épreuve de tension appliquée, l'épreuve de tension induite, la mesure des décharges partielles et l'essai de choc de foudre pour les transformateurs de puissance. Les essais thermiques, dont l'essai de montée en température, déterminent les échauffements des enroulements et du diélectrique liquide. La gamme s'étend des essais individuels de routine, appliqués à chaque appareil, aux essais de type réalisés sur un transformateur représentatif d'une série. Des essais spéciaux, comme la mesure du bruit ou la vérification de l'étanchéité, complètent cette gamme selon les spécifications du cahier des charges.

Préparation et conditions d'essai

La préparation commence par un examen visuel de l'appareil, la vérification des raccordements et le contrôle des valeurs nominales portées sur la plaque signalétique. Le transformateur doit séjourner un temps suffisant dans le local d'essai afin que sa température se stabilise, condition nécessaire pour la mesure représentative de la résistance des enroulements. Le niveau et la température du liquide isolant sont relevés avant toute épreuve diélectrique. Les essais à vide exigent une alimentation réglable en tension, tandis que les essais en charge requièrent une source de court-circuit capable de délivrer le courant nominal. Les appareils de mesure, pont de résistance, analyseur de rapport, mégohmmètre et couple de transformateurs de mesure, doivent être étalonnés et raccordés selon les schémas prescrits. Les distances d'isolement autour de la cuve et la mise à la terre des masses font l'objet d'une vérification systématique avant mise sous tension.

Méthodes d'essai selon normes CEI 60076

La série CEI 60076 définit les méthodes applicables à chaque grandeur. La résistance des enroulements se mesure par méthode voltampèremétrique ou par pont à courant continu, avec compensation de la constante de temps du circuit. Le rapport de transformation s'obtient par comparaison entre tensions primaire et secondaire à l'aide d'un analyseur de rapport. Les pertes à vide se mesurent sous tension nominale à fréquence nominale, les pertes en charge sous courant nominal en court-circuit. L'épreuve de tension appliquée soumet chaque enroulement à une tension alternative de fréquence industrielle pendant soixante secondes. L'épreuve de tension induite, menée à fréquence élevée, éprouve l'isolation entre spires. La mesure des décharges partielles s'effectue par détection des impulsions au moyen d'un couplage capacitif. La réponse en fréquence, méthode complémentaire normalisée, sert à comparer le comportement mécanique des enroulements entre deux états de référence.

Performances

de mesure et critères d'acceptation
La qualité des résultats dépend de la classe d'exactitude des instruments, de la stabilité thermique de l'appareil sous essai et de la maîtrise des perturbations électromagnétiques du site. Les incertitudes sur la mesure des pertes doivent rester compatibles avec les tolérances de garantie définies par le contrat. Les critères d'acceptation s'apprécient par comparaison aux valeurs de la plaque signalétique et aux tolérances de la norme : écart admissible sur le rapport de transformation, concordance de la polarité et du groupe de connexion, cohérence des pertes mesurées avec les valeurs garanties. Les épreuves diélectriques sont satisfaisantes en l'absence de claquage et de décharges partielles supérieures au niveau spécifié. La résistance d'isolement s'évalue par sa valeur absolue et par l'évolution du rapport d'absorption diélectrique. Tout écart anormal justifie une investigation avant mise en service.

Analyses

complémentaires : huile, Furan, DGA
L'analyse physico-chimique de l'huile isolante comprend la rigidité diélectrique, la tension interfaciale, l'indice de neutralisation et la teneur en eau, déterminés selon les méthodes CEI 60156 et CEI 60422. La chromatographie en phase gazeuse appliquée aux gaz dissous, méthode DGA, identifie et dose l'hydrogène, les méthanes, l'éthylène, l'acétylène et les gaz légers. La répartition de ces gaz permet de distinguer un défaut thermique dans le papier, un échauffement métallique ou un arc électrique, à l'aide des ratios classiques d'interprétation. L'analyse des dérivés furaniques, réalisée par chromatographie liquide haute performance sur prélèvement d'huile, dose le 2-furfuraldéhyde et les composés voisins, traceurs de la dépolymérisation du papier. La concentration cumulée des furanes sert à estimer le degré de polymérisation résiduel et, par voie de conséquence, la durée de vie restante de l'isolation cellulosique. Ces analyses se conduisent périodiquement en exploitation.

FAQ

Quels

types de transformateurs sont concernés par un essai de transformateurs ?
L'essai de transformateurs s'applique aux transformateurs de puissance, de distribution et aux transformateurs de mesure, neufs ou en service. Il porte sur le transformateur lui-même ainsi que sur son huile d'isolement, dans le cadre de la réception, de la maintenance préventive ou du diagnostic après incident.

Que contient le rapport d'essai de transformateurs et à quoi sert-il ?

Le rapport d'essai de transformateurs présente les paramètres mesurés, les méthodes appliquées selon les normes CEI 60076, les performances de mesure et la comparaison aux critères d'acceptation. Il peut inclure les analyses complémentaires (DGA, Furan, huile). Ce document sert à la réception, au suivi du vieillissement et aux décisions de maintenance.

Comment

se déroule la soumission d'un essai de transformateurs et quels points communiquer ?
La soumission consiste à définir la gamme d'essais souhaitée, les données de la cuve et le contexte (neuf ou en service). Il convient de préciser les conditions d'essai attendues, les normes CEI 60076 applicables et le besoin éventuel d'analyses complémentaires, afin d'adapter la préparation et l'interprétation des résultats.