Laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 · Membre ILAC-MRA
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Méthode et normes de l'essai de solidité des couleurs au

L'essai de solidité des couleurs au lavage évalue la capacité d'un teinture ou d'une impression textile à conserver sa teinte et à ne pas contaminer les étoffes voisines lors des opérations de blanchissage domestique ou industriel. Cet essai constitue un contrôle décisif pour les fils, tissus et articles confectionnés, car un délavage ou un dégorgement se manifeste dès les premiers cycles d'entretien. Le présent article expose la logique générale de l'essai, la préparation des éprouvettes et le mode opératoire, les normes de référence telles que ISO 105-C06 et AATCC 61, les critères de notation par échelle des gris, les essais complémentaires de frottement, de sueur et de lumière, ainsi que l'usage des résultats dans les cahiers des charges clients.

lavage — vue d'ensemble

La solidité au lavage désigne la résistance d'une coloration textile à l'action combinée d'un bain détergent, d'une température élevée et d'une agitation mécanique. Deux phénomènes sont mesurés simultanément : d'une part le changement de nuance de l'éprouvette teinte, d'autre part le dégorgement sur une ou plusieurs étoffes voisines blanches disposées au contact. L'essai simule un ou plusieurs lavages en conditions accélérées, dans un bain de rapport liquide massique défini, avec une bille de rouille ou des billes d'acier selon la sévérité visée. Le résultat s'exprime par deux notes distinctes, solidité au délavage et solidité au dégorgement, toutes deux établies par comparaison visuelle à des références normalisées. Cet essai s'applique à tous types d'échantillons textiles, quel que soit le colorant ou le procédé de mise en teinte employé.

Principe

de l'essai et échantillonnage textile
Le principe consiste à soumettre un composite textile — éprouvette teinte accolée à une ou deux étoffes adjacentes de fibres spécifiées — à un bain détergent à température et durée contrôlées, sous agitation dans un appareil de type launderometer ou thermotron à bacs rotatifs. La composition du bain, généralement une solution de savon ou de détergent standard, avec ou sans agent de lessive additionnel selon la sévérité, est fixée par la méthode retenue. Après le traitement, le composite est rincé, essoré puis séché à l'air, et les deux constituants sont évalués séparément. L'échantillonnage exige un prélèvement représentatif : éviter les lisières, prélever si possible dans le sens chaîne et dans le sens trame, et utiliser des éprouvettes de dimensions conformes à la norme appliquée. Les motifs à plusieurs couleurs nécessitent soit une éprouvette englobant toutes les nuances, soit des éprouvettes distinctes par nuance, chacune avec ses propres adjacents.

s normalisées : ISO 105-C06, AATCC 61 et équivalents

Deux familles de normes dominent la pratique internationale. La série ISO 105-C06 définit plusieurs sévérités numérotées, chacune précisant la température du bain, la durée, la composition du détergent, le rapport de bain et la présence éventuelle de billes ou de blanchiment. Plus la sévérité augmente, plus le scénario simulé se rapproche d'un lavage intensif ou répété. La norme AATCC 61, d'usage courant sur le continent américain, repose sur une logique comparable avec ses propres conditions de bain, d'agitation et de rinçage, et un référentiel de détergent propre. Des équivalents nationaux ou régionaux existent, notamment les normes EN alignées sur les textes ISO pour l'Europe, ainsi que des méthodes internes dérivées. Le choix entre ces référentiels dépend du marché de destination et des exigences contractuelles. La laboratoire doit appliquer la version en vigueur de la norme, car les révisions modifient parfois la formulation du détergent de référence ou les tolérances de température.

Critères

d'évaluation : échelle des gris et notes de solidité
L'évaluation repose sur deux échelles physiques de gris décrites dans les normes dédiées à l'évaluation de la solidité. La première échelle, dite de délavement, sert à noter le changement de couleur de l'éprouvette par comparaison avec un témoin non lavé : la note s'étend de 1 (changement très marqué) à 5 (aucun changement perceptible). La seconde échelle sert à noter le dégorgement sur les adjacents : elle traduit le degré de salissement de l'étoffe blanche par transfert de colorant, avec la même gradation de 1 à 5. La notation s'effectue par des évaluateurs entraînés, sous éclairage normalisé en cabine à lumière du jour artificielle, avec vérification périodique de l'aptitude chromatique des observateurs. Une mesure instrumentale par spectrophotométrie tristimulus peut compléter la notation visuelle pour réduire la variabilité inter-opérateurs. Les notes intermédiaires, exprimées en demi-points, sont admises par la plupart des référentiels.

Paramètres

complémentaires : frottement, sueur, lumière
La solidité au lavage ne suffit pas à caractériser seuls la tenue d'une coloration, et les cahiers des charges combinent habituellement plusieurs essais de solidité. L'essai de solidité au frottement, sec et humide, mesure le transfert de colorant sur une étoffe blanche frottée sous une charge normalisée, au moyen d'un appareil de type crockmeter ; il traduit le risque de salissement par contact. L'essai de solidité à la sueur soumet le composite à des solutions acide et alcaline simulant la transpiration, afin d'apprécier le dégorgement en contact cutané. L'essai de solidité à la lumière expose les éprouvettes à une source de lumière artificielle normalisée, au moyen d'une lampe au xénon, et compare la dégradation de la nuance à des échantillons de référence bleus. L'ensemble de ces résultats forme un profil de solidité cohérent, indispensable pour juger la conformité globale d'une teinture.

Applications

et conformité aux référentiels clients
Les résultats de solidité au lavage interviennent à plusieurs étapes de la filière textile. En développement, ils orientent le choix des colorants, du procédé de fixation et des traitements après-teinture. En réception de matière, ils servent au contrôle des lots de tissu ou de fils avant confection. En fin de chaîne, ils fondent la déclaration des instructions d'entretien figurant sur l'étiquetage. Les donneurs d'ordre fixent des seuils minimaux de notes dans leurs cahiers des charges, avec des exigences renforcées pour les articles en contact prolongé avec la peau, les articles pour enfants ou les textiles d'ameublement soumis à entretien répété. Un laboratoire accrédité délivre un rapport mentionnant la norme appliquée, la sévérité retenue, les notes obtenues et toute réserve d'évaluation. La traçabilité entre le rapport d'essai et le lot de production conditionne l'acceptation des résultats par le client.

FAQ

Comment

choisir la bonne méthode et normes de l'essai de solidité des couleurs au lavage ?
Le choix dépend du marché visé et du référentiel client : ISO 105-C06 est privilégié en Europe, AATCC 61 en zone américaine, avec des équivalents selon les pays. La méthode varie aussi selon le type de textile et la sévérité du lavage simulé, définie par les paramètres normalisés d'essai.

Sur quelle base juge-t-on le résultat de l'essai de solidité des couleurs au lavage ?

L'évaluation repose sur l'échelle des gris, qui mesure d'une part la dégradation de la couleur de l'échantillon et d'autre part le dégorgement sur le tissu adjacent. Les notes de solidité obtenues sont ensuite comparées aux limites fixées par les référentiels clients ou les spécifications produit.

Quels

produits et matériaux sont concernés par la méthode et les normes de l'essai de solidité des couleurs au lavage ?
Tous les textiles teints ou imprimés destinés au lavage sont concernés : vêtements, tissus d'ameublement, articles techniques. L'essai s'applique aux échantillons textiles prélévés selon un protocole défini, et peut être complété par d'autres paramètres comme le frottement, la sueur ou la lumière selon l'usage final.